UNE GRANDE MONTÉE D'ÉNERGIE POUR ANNIE LEBLANC

UNE GRANDE MONTÉE D'ÉNERGIE POUR ANNIE LEBLANC

Par Laurent Godbout

Montréal (29 juillet) - Comment réagit-on quand, après quatre jours de pause, qu'on est certain que la saison de compétition est terminée, et que soudainement le téléphone sonne et on vous demande si vous seriez prête à courir le 800 mètres aux championnats du monde?

«J'en étais simplement, comment dire ça, bouche bée», s'exclame Annie Leblanc. Je venais de revenir à la maison et j'étais déjà sous le choc du décès de mon coéquipier de club Hubert (Chevrette-Bélisle). Vingt quatre heures plus tard, mon père me dit qu'il y a une personne qui parle anglais qui m'appelait. J'étais inquiète et j'ai eu peur un moment que ce soit une autre mauvaise nouvelle parce que mon coach José Sant était en Côte d'Ivoire...»

«Quand Carla Nicholls, d'Athlétisme Canada, m'a expliqué que j'étais sur la liste des athlètes invités par l'IAAF et qu'on m'a demandé si j'étais prête à aller aux championnats du monde, j'ai eu comme une grande montée d'énergie. J'avais peine à le croire et j'ai demandé à Carla si c'était une joke

Annie avait douze heures pour répondre. Avant de dire oui, elle appelait sa compagne d'entraînement Melissa Bishop et son deuxième coach Dennis Fairall à Windsor. «Melissa m'a dit, n'y pense pas deux fois, tu ne peux pas laisser passer une occasion comme ça. Il faut tu viennes.»

Non, ce n'était pas une blague. «J'étais en break depuis quatre jours et après quelques courses en Europe, j'avais décidé de terminer la saison un peu plus tôt que prévu. Depuis quelques semaines, quelques jours avant les championnats canadiens au Harry Jerome, je traînais des petits bobos et je vivais un moment difficile dans ma vie personnelle.»

La nuit suivante, toujours très excitée par cette perspective nouvelle, elle ne dormit presque pas. «Je me suis réveillé à cinq heures du matin. Je voulais saisir cette deuxième chance qu'on m'offrait et j'avais très hâte de dire oui.»

Annie avait fait une grosse année d'entraînement et estimait qu'elle était prête à courir sous les deux minutes. Mais ça n'est pas arrivé et après des championnats canadiens difficiles, elle partait pour l'Europe un peu déboussolée. «C'était un peu frustrant. Je n'étais pas tombée dans les bonnes courses et avec tous les changements que j'avais apporté à mon entraînement, j'avais une énorme fatigue.»

Ceci étant dit, Annie a souligné qu'elle avait reçu un soutien «incroyable» des gens autour d'elle après les championnats canadiens et ce, jusqu'à sa dernière course en Europe. «Physiquement, la forme était là. C'est peut-être du côté émotif que j'avais un peu décroché. La preuve pour moi, c'était le 1500 mètres de Liège. Je croyais avoir fini ma saison sur une bonne note.»

En effet, c'est là qu'elle inscrivait un gros record personnel de 4:11.61. Sans pression, sans attentes.

Et maintenant qu'elle part pour Londres, quel est son objectif?

«Sincèrement, j'en ai parlé avec mon père et nous nous sommes promis de ne pas penser à la course jusqu'à quelques heures avant. Souvent, c'est avec les grosses attentes qu'on génère du stress inutile. Je suis dans les dernières athlètes à rentrer sur l'équipe et je suis vraiment contente d'avoir cette chance.»

Annie Leblanc mérite bien cette chance qu'on lui offre. «Je vais simplement tout faire pour être prête et donner 100%. Mon objectif est de contrôler ce qui est contrôlable».

On surveillera de près le jeudi 10 août.

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