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Grandes figures de l’athlétisme québécois (2/8)

Grandes figures de l’athlétisme québécois (2/8)

2020-06-09

Céline Chartrand – Gabriella Duclos-Lasnier – Rosey Edeh  – Gérard Côté – Étienne Desmarteau – Édouard Fabre

 

 Par Denis Poulet

 

Céline Chartrand

 

Céline Chartrand fut l'une des meilleures lanceuses de javelot canadiennes des années 1980. Médaillée d'argent aux Championnats nationaux en 1981 et 1982, elle conquit le titre en 1985. Elle avait par ailleurs dominé le classement canadien en 1981, 1983 et 1984, et gardera la position de tête de 1985 à 1988.

 

Le 30 août 1985, aux Jeux mondiaux universitaires à Kobe, au Japon, Céline atteignit 59,46 m, se classant 5e. C'était un nouveau record canadien, qui battait par un peu plus de 2 mètres la marque de Laurie Kern réalisée en 1980. Céline portera le record national à 59,76 m le 20 juin 1987 à Montréal, marque qui tiendra jusqu'en 1995. La Québécoise aura ainsi détenu le record du Canada pendant 10 ans. Et en tant que record du Québec, ce 59,46 m à l'ancien javelot ne sera jamais surpassé.

 

Sur la scène internationale, outre sa 5e place aux Universiades de 1985, Céline s'est également classée 5e aux Jeux du Commonwealth de 1986 et 6e à ceux de 1982. Aux Jeux olympiques de 1988, à Séoul, elle fut 27e.

 

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Gabriella Duclos-Lasnier

 

Venue de la gymnastique, Gabriella Duclos-Lasnier a propulsé la perche féminine québécoise à un niveau jamais vu au cours des années 2000. L'athlète de Québec a amélioré pas moins de 10 fois le record du Québec sénior en plein air, le portant de 3,91 m en 2005 (à 17 ans) à 4,36 m en 2009. En 2006, elle est allée parfaire sa technique à l'Université de l'Arizona, où elle a obtenu des résultats remarquables, notamment une 4e place aux Championnats en salle de la NCAA de 2009.

 

Aux Mondiaux juniors de 2006, elle s'est classée 9e. Elle a participé à deux Jeux mondiaux universitaires, en 2009 et 2011, se classant 5e aux premiers en vertu d'une performance de 4,30 m. Gabriella remporta un total de six médailles aux Championnats canadiens, dont l'or en 2010. Elle a participé également à deux Jeux du Canada (2005 et 2009), où elle gagna la médaille d'argent les deux fois. Et en 2010, elle a remporté la médaille d'or des Championnats NACAC U23, disputés en Floride.

 

Gabriella fut choisie athlète de l'année junior en 2007 et athlète de l'année espoir en 2009. La moyenne de ses 10 meilleurs sauts est de 4,26 m.

 

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Rosey Edeh

                         

Rosey Edeh est indéniablement l'une des meilleures athlètes de l'histoire de l'athlétisme québécois. Sa magnifique carrière a culminé aux Jeux olympiques d'Atlanta, en 1996, quand elle s'est classée 6e du 400 m haies en 54,39 s. C'était là un record canadien qui n'a été battu que 23 ans plus tard.

 

Rosey a été championne canadienne dans cette épreuve à cinq reprises et y a représenté le pays à trois Jeux olympiques (1988, 1992, 1996). Aux Jeux mondiaux universitaires de 1989, en Allemagne, elle a décroché la médaille d'argent (57,06 s). Elle était très bonne aussi au 400 m. Aux Jeux de Barcelone, en 1992, elle a contribué à la 4e place du Canada au relais 4 x 400 m. L'année précédente, aux Mondiaux à Tokyo, elle faisait également partie du quatuor de ce relais, où le Canada s'est classé 6e. Son record personnel du 400 m, 52,38 s réalisé à Padoue en Italie en 1992, a été le record du Québec pendant 23 ans.

 

Rosey détient toujours (2019) cinq records du Québec. De 1988 à 1996, elle a amélioré le record du 400 m haies sept fois. Auparavant, chez les juniors, elle avait fait progresser le record du 400 m de 54,08 s à 53,07 s de 1984 à 1985. Même qu'elle a déjà détenu le record du 200 m juvénile (24,3 s en 1983) et du 80 m haies cadet (12,54 s en 1981), ce qui illustre sa progression et sa polyvalence au Québec même. Rosey a été choisie athlète sénior de l'année au Québec en 1993, 1995 et 1996, et a été admise au Panthéon des sports du Québec en 2007.

 

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Gérard Côté

 

Le marathonien Gérard Côté était déjà une légende quand l'athlétisme québécois a commencé à se développer de manière systématique à la fin des années 1960. Le quadruple vainqueur du Marathon de Boston avait reçu sa part d'honneurs, notamment en tant que récipiendaire du trophée Lou Marsh (athlète de l'année au Canada) en 1940. Il avait aussi été intronisé au Temple de la renommée olympique du Canada en 1955 et au Panthéon des sports canadiens en 1956. Mais qu'en est-il au juste de ses performances athlétiques?

 

Il a couru deux fois le marathon en moins de 2:30 h, à une époque où le record du monde de la distance était de 2:26:42 h. Sa meilleure performance, 2:28:25 h à Boston en 1943, est à moins de 2 minutes de ce record. Et à ses quatre victoires à Boston, il faut ajouter quatre victoires à New York, entre 1940 et 1946. Il a gagné un total de 24 marathons, terminé second à 14 reprises et troisième 13 fois. Sur les 83 marathons auxquels il a pris part, il s'est classé dans les 10 premiers 77 fois.

 

Gérard Côté a été trois fois champion canadien du marathon (1946, 1948 et 1953) et il a représenté le pays à trois Jeux. 17e aux Jeux olympiques de Londres en 1948, il s'est classé 11e à ceux de l'Empire en 1950. Aux mêmes Jeux en 1954, il n'a pas terminé la course, mais il avait amplement connu ses heures de gloire auparavant.

 

Son renom a largement dépassé le monde de l'athlétisme et même celui du sport puisqu'il a été nommé Chevalier de l'Ordre national du Québec en 1988 et intronisé comme membre de l'Ordre du Canada en 1990, trois ans avant son décès.

 

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Étienne Desmarteau

 

En 1970, après que la ville de Montréal eut obtenu le privilège d'organiser les Jeux olympiques de 1976, quelques journalistes effectuèrent des recherches pour découvrir les héros québécois du passé à ces Jeux. C'est ainsi qu'Étienne Desmarteau, médaillé d'or au poids de 56 lb aux Jeux de 1904 à Saint Louis, fut tiré de l'oubli. On a cependant mis l'accent surtout sur les circonstances de sa participation aux Jeux : la Police de Montréal, son employeur, lui annonça qu'il perdrait son emploi s'il s'absentait pour aller à Saint Louis, mais elle revint sur sa décision quand Étienne rentra à Montréal avec sa médaille d'or autour du cou. L'année suivante, le colosse était terrassé par la fièvre typhoïde et disparaissait.

 

La victoire d'Étienne Desmarteau à Saint Louis n'était pas un accident de parcours. Le nom du policier montréalais apparaît pour la première fois dans les statistiques canadiennes en 1900 (il avait 27 ans). Aux Championnats canadiens, à Montréal, il se classe 2e du poids de 56 lb en projetant l'engin à 9,59 m. L'année suivante, il brille à New York en atteignant 10,21 m. En 1902, il remporte le titre américain (9,89 m) et le titre canadien en vertu d'un tir à 9,79 m, puis est de nouveau champion canadien en 1903 (10,80 m).

 

Aux Jeux olympiques de 1904, le 1er septembre, Étienne fait face à cinq lanceurs américains, dont son grand rival John Flanagan. Il assomme la concurrence dès son premier essai à 10,46 m et devient le seul non-Américain à gagner un titre olympique en athlétisme à ces Jeux. Ce sera aussi la seule médaille d'or dans une épreuve d'athlétisme individuelle jamais remportée par un athlète du Québec.

 

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Édouard Fabre

 

Avec Édouard Fabre, on est dans la légende, au même titre que les Alexis le trotteur et Louis Cyr. C'était dans la deuxième décennie du 20e siècle, l'athlétisme organisé en était à ses balbutiements. Le coup d'éclat de Fabre fut sa victoire au Marathon de Boston en 1915 et son chrono épate encore aujourd'hui : 2:31:41 h. On ne sait pas si le parcours avait la distance réglementaire, mais c'était un formidable exploit pour un Canadien français, qui préfigurait les succès ultérieurs de Gérard Côté dans les années 1940.

 

Fabre n'en était pas à ses premières armes à Boston en 1915. En 2011, il s'était classé 3e. Ensuite, il remportera les marathons de San Francisco (1915), Detroit (1918), Cleveland (1919) et Saint Louis (1921). Aux Jeux olympiques de Stockholm en 1912, il termina 11e en 2:50:37 h.

 

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